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  • Claire MARGUERIE

LE RECADRAGE (part 2) OU COMMENT VOIR LES CHOSES AUTREMENT ?

Dernière mise à jour : 12 nov. 2023



Suite du blog: LE RECADRAGE OU POURQUOI VOIR LES CHOSES AUTREMENT ?

Nous avons démontré dans le blog précédent que les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent. Le meilleur moyen de s’en assurer, c’est de demander (enfin, je dis le « meilleur » moyen… en fait, je n’en vois pas d’autres).


COMMUNIQUER :

* Imaginez A « agresser » B dès qu’il passe le pas de la porte :

« Bah alors ! c’est à cette heure-ci que tu arrives ? Le repas est froid et le film a déjà commencé ! J’en ai assez de t’attendre, tu crois que je suis à ta disposition ? » etc, etc

Et que B réponde :

« J’ai été agressé au couteau et j’ai dû me cacher en attendant qu’ils partent ».

Il aurait l’air malin…:/


Si le filtre / croyance de A est : « On ne peut faire confiance ni croire personne, ils finissent toujours pas me décevoir etc », A ne s’est peut-être même pas inquiété pour B. Il n’y avait qu’UNE explication possible : la sienne.

Alors qu’une attaque au couteau, est peut-être moins probable (quoique) mais pas Impossible. (NB : Cet exemple est valable en France par exemple. Selon les quartiers, villes ou pays où nous habitons, cette possibilité est plus ou moins probable et A se serait peut-être aussi plus ou moins inquiété pour B -> ici, l’environnement est un paramètre).


Se rappeler qu’il y a d’autres possibles permet de prendre du recul et le temps de s’informer.

* « Est-ce que tu vas bien ? Je m’inquiétais de ton retard. ». C’est un peu moins égocentré et un peu plus empathique, non ?

Selon la réponse, libre à vous de lui faire une remontrance après. :p


* L’humour est toujours une bonne idée : « Bah, alors ? On dit plus bonjour le matin ? ». 99% de chances que la réponse lui soit personnelle et n’ait rien à voir avec vous. Ca rassure, l’estime de soi et la relation sont sauves, voire même un peu plus fortes.


* Selon les filtres de A : « Elle fait a gueule . C’est la tête des gens qui font la gueule. Qu’est-ce que j’ai encore fait ?, elle n’est jamais contente etc ».

Si A demande à B : « qu’est-ce qui ne va pas ? », il sera fixé :


-> Soit c’est bien lui, et le plus tôt ce sera réglé, le mieux. Peut-être que B est elle-même dans la mésinterprétation de ses propres filtres.

Avantages : ne pas garder pour soi en mode cocotte-minute et finir par exploser dans une dispute où il n’y aura plus de communication possible, ni de respect et toutes sortes de choses seront dites, on ne s’écoute plus. Vous connaissez cela, n’est-ce pas ?

Eviter que l’estime de soi - à travers toutes les histoires que l’on se raconte à l’intérieur et que l’on rumine et qui nous rongent - ainsi que la relation en prennent un coup, parfois fatal.


-> Soit c’est autre chose : par exemple, elle est triste, elle a juste la tête de quelqu’un qui ne va pas bien et elle a besoin qu’on lui tende la main, ou l’épaule, ou l’oreille.

Avantages : L’autre se sent écouté, a reçu de quoi être apaisé, cela resserre les liens.

Est-il besoin d’une minute de réflexion ?



PRÉVÉNIR : LA QUALITÉ DE NOTRE COMMUNICATION

Avoir connaissance du biais de cadrage - du prisme inhérent à chacun - est intéressant pour soi et la sauvegarde de ses propres émotions, mais aussi pour communiquer avec les autres. Nous pouvons aussi minimiser les possibilités de mésinterprétation en précisant nos pensées, nos sentiments.

Il est considéré que la communication est constituée grosso modo de :

60% de non verbal (langage du corps)

30% d’intonation

Et 10% de verbal. (Le « texte » en lui-même, les mots.)


Les textos en particulier sont propices aux qui-pro-quo. Je trouve les émojis et ponctuation essentiels.

Il y a une différence entre :

Tu m’as oublié

Tu m’as oublié ?

Tu m’as oublié.

Tu m’as oublié 😢

Tu m’as oublié 😅

Tu m’as oublié 🙄

Tu m’as oublié 😡

Tu m’as oublié 😱

Cela donne l’intonation.

Les émojis et ponctuation montent la communication de 30%, ce qui permet d’envoyer 40% du message.

On ne peut cependant pas, à ce stade, garantir 100% de la réception du message dans son intention originelle. Pour cela, il faudrait s’assurer que le message a été reçu correctement. C’est notre message, donc notre responsabilité. Les services de secours et l’armée le savent bien et demandent toujours à ce que l’information soit répétée (notre adresse) ou sa réception confirmée (« bien reçu »). Mais c’est un autre sujet.


Pour ceux qui doutent du non verbal, quand on vous dit :

« Tu fais ce que tu veux. » -> 10%, peu d’infos en fait.

+ intonation : 🤨 😓👍😏🙄 -> +30% , on commence à avoir une idée

+ non verbal : sourire, embrassade, tape dans le dos, yeux aux ciel désapprobateurs, bras croisés, tourner le dos, mains en barrières, mouvent de recul etc. (les émojis peuvent aider)

Ces 60% font que la personne a beau nous dire que nous sommes libres, si elle hoche la tête, fait la moue et hausse les sourcils, nous percevrons sa désapprobation et nous ne la croirons pas. C’est ce que l’on appelle être incongruent. Souvent la personne ne s’en rend pas compte.


Faites l’expérience : Regardez une scène de film sans le son. Le non verbal en dit long sur ce qui se joue entre les personnages.

Ou bien dites n’importe quoi à votre chien ou un enfant en bas âge, en lui faisant des papouilles ou en le disputant. Vos verrez que vos mots ont bien peu d’importance.


* ETUDE DE CAS :

Jeanne et Martin se font à manger chacun quelque chose de différent.

Jeanne mange chaud. Martin mange froid.

Jeanne : Dis-moi à quelle heure tu veux manger, pour que je m’organise.

Martin : 21h.

A 20h45, les deux se retrouvent dans la cuisine pour préparer leur repas.

Avant de commencer à réchauffer son plat Jeanne demande :

- Dans combien de temps tu as fini ?

- Dans 5 minutes, il ne me reste plus qu’à faire la vinaigrette.

Jeanne se met à la cuisinière et le plat est prêt en même temps que la vinaigrette : parfait timing !

Sauf qu’en allant à table, Martin ne la suit pas :

- Ben non, il reste les œufs aux plat. C’est vite fait !

Martin la rejoint enfin à table. Jeanne l’a attendu. Il s’assoit satisfait :

- Tu vois, tranquille, on a le temps. Bon appétit.

Jeanne ne répond pas clairement irritée.

Martin s’en aperçoit et à l’intelligence de demander, s’informer tout de suite :

- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu es en colère parce qu’on ne mange pas à 21h pile ?

La réalité est autre. Tous les deux ont la valeur « temps ». Mais par pour les mêmes finalités.

Martin, toujours pressé par les obligations extérieures et les deadlines a besoin de prendre son temps, d’y aller « relaaax », tranquiiille », dès que possible, par hygiène de vie. 5 minutes, ça veut dire : « pas longtemps » (ça peut être 5, mais aussi 10 ou 15 minutes).

Jeanne, organisée, aime être efficace. La notion de temps est précise. 5 minutes, c’est 5 minutes, peut-être 6, mais pas 7 ! Ainsi, elle peut coordonner sa cuisson car le but ultime est de manger chaud, car Jeanne n’aime pas manger tiède.

Jeanne consciente de ce besoin de prendre son temps qu’a Martin a bien choisi ses mots :

A quelle heure ? pas : « Il faut qu’on mange tôt, ou : 21h, c’est tard ». Induisant qu’il fallait se dépêcher, impliquant un stress (inutile un samedi soir).

Mais Martin, derrière son filtre de presse, a converti ses propos en les traduisant par : « Dépêche-toi ».

Martin a donc agit selon ses propres valeurs, et a même voulu prouvé à Jeanne qu’il n’y avait pas mort d’hommes à manger 10 min plus tard. En faisant cela, la perception de Jeanne est qu’il a bafoué les siennes, l’a trahi quelque part en donnant de fausses informations de temps (sans importance pour lui, mais essentielles pour elle), et lui a fait rater son objectif qui était de manger chaud.

C’est tout ceci qui a agacé Jeanne.

Vous connaissez ces situations, n’est-ce pas ?


BENEFICES :

Cette question essentielle de Martin en voulant se renseigner sur ce qui chagrinait Jeanne leur a permis d’échanger sur tout cela. A Martin de se rendre compte qu’il avait mal écouté, qu’il n’y avait pas d’injonction de se dépêcher, qu’il était même libre du temps. Simplement de s’y tenir car d’autres dépendaient de cette information pour des raisons qui lui échappaient (d’autres cadres, d’autres cartes). Il a pu prendre conscience de son filtre « Dépêche-toi » et des distorsions qu’il pouvait entrainer.

Au final, pour finir par admettre que lui non plus, n’aime pas manger froid. C’est-à-dire qu’au lieu de se dire : « Mais elle m’ennuie avec son stress » et toutes sortes de choses…, il aurait pu se dire : « Il y a peut-être une autre raison qui la motive ».

De même Jeanne en a tiré la leçon d’être plus explicite car les filtres ont la vie dure. Au lieu de « dans combien de temps, pour que je m’organise », elle aurait pu préciser son but ultime qui était de coordonner la cuisson pour ne pas manger froid.

Cela demande évidemment plus de réflexion que si on croit que tout le monde est comme nous. ^^


L’intelligence ici a été de ne pas supposer, mais de se renseigner, d’expliquer, d’accepter, de reconnaitre, le feedback (quel apprentissage ?) d’être curieux du fonctionnement de l’autre, d’en sourire, de se féliciter de cette conversation enrichissante, et de passer à autre chose.


*

2- A travaille sur son ordi ;

B rentre à la maison : Salut ! 😊

A : Salut. (ton court, peu engageant)

B se dit : Qu’est-ce que j’ai encore fait ? Il / elle n’est jamais content-e.

Sorties possibles :

1- B ne dit rien, attend d’accumuler plusieurs « preuves » pour exploser un beau jour à la face de A qui ne comprends (peut-être) pas ce qu’il se passe. (selon si les suppositions de B sont fondées influencées par ses filtres).

2- B explose maintenant : « Qu’est-ce que j’ai encore fait ? T’es jamais content-e, à peine rentré… blablabla. »…

3- B se renseigne et ne prend pas ses supposition pour des vérités: « J’ai fait quelque chose ? (explication 1)

A : Non pourquoi ?

B : Ta voix. Quelque chose qui ne va pas ? (explication 2)

A : Si si, juste concentré-e.(explication 3) As-tu passé une bonne journée ? ».


Et voilà. Simple, de nombreux bénéfices : B est rassuré, A se sent important à ses yeux, une dispute est évitée, voire de nombreux jours/semaines/mois de rumination de B entrainant la dégradation de la relation, la soirée est sauvée et promet d’être sereine…

*

Ces situations vous rappelle quelque chose?


A la lumière de tout ceci, on peut se poser ces questions :

*Quelles émotions voulons-nous vivre à travers nos interprétations ?

*Quels messages voulons-nous faire passer ?

*Quelles relations voulons-nous avoir avec les Autres ?

*Quelle personne voulons-nous être ?


Je propose plusieurs Ateliers de bases de communications à utiliser en privé ou en entreprise, pour résoudre voire éviter les conflits.

J’espère que ce blog sur le recadrage vos aura apporté quelques éléments de réponse, quelques pistes à explorer 😉


Permettez-vous de laisser un commentaire ou un "like" si vous pensez que d'autres devraient le lire. Merci de votre visite sur mon Blog. A bientôt pour d’autres sujets passionnants !

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